réflexion ·

Aube sur les marais

Il y a dans l’aube des marais quelque chose que les mots peinent à saisir. Cette heure où la brume hésite encore entre le sommeil et l’éveil, où les hérons se déplient comme des origamis vivants.

Je suis venue ici pour écrire, mais c’est le silence qui s’impose. Un silence habité, bruissant de vie invisible. Le clapotis d’un ragondain, le froissement d’ailes d’une bécassine, le chant lointain d’un courlis.

La nature n’a pas besoin de nos mots pour exister. Mais peut-être avons-nous besoin de ses silences pour retrouver les nôtres.